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Vendredi matin je quitte l'hôtel et je vais au Centre Culturel Français où je vais pouvoir laisser mes bagages en sécurité. J'y retrouve Karim et nous allons déjeûner dans un resto africain très agréable, puis retour au CCF où je rencontre Hassan, son meilleur ami. L'après-midi s'y passe tranquillement à discuter, à l'abri de l'agitation du centre ville qui est pourtant juste derrière les murs d'enceinte.
J'ai rendez-vous avec Abdoulaye à 18 h près de son boulot dans un quartier du nord de Dakar; je dois y aller en taxi, à cause du poids de mes bagages, ce serait plutôt dangereux en scooter ! Ablaye (diminutif d'Abdoulaye) habite avec sa famille dans la banlieue nord de Dakar, à Malika; la circulation est dense et il nous faut 2 h pour y arriver.
Après avoir serré je ne sais combien de mains pour les présentations aux parents, frères et soeurs dont les prénoms ne s'attardent pas entre mes deux oreilles, Ablaye me montre sa chambre, qu'il laisse à ma disposition, et nous commençons par y installer ma moustiquaire; il fait nuit déjà, je ne découvrirai le décor que le lendemain matin.
Cette pièce peinte en bleu avec le rideau orange, c'est ma chambre, peut-être la seule pièce finie dans cette maison qui en fait est en construction et dont l'avancement dépendant des rentrées d'argent. L'eau courante n'arrive qu'à un seul robinet, au rez-de-chaussée et au centre de la maison qui ressemble à une petite cour. Pour la salle de bain, c'est une pièce bétonnée et grossièrement carrelée, avec un baquet et un pichet plastic. Les toilettes à la turque sont dans le même style.
Je n'ai pas beaucoup dormi faute de pouvoir respirer normalement, la chaleur s'ajoutant aux fumées et à la forte odeur des gaz d'échappement venant de la rue.
Mais j'avais du faire des réserves car je suis assez en forme pour marcher plusieurs heure dans Malika avec Ablaye.
D'abord pour rejoindre les bords de la rivière (dont j'ai oublié le nom)
ensuite pour visiter les jardins maraichers qui profitent de ces conditions favorables
et jusqu'à l'immense plage, à l'endroit où Ablaye a l'habitude de passer ses samedis pour se détendre avec ses amis, à faire griller du poisson et en dormant à la belle étoile
Retour à la maison: le déjeuner arrive sur un plateau dans ma chambre, et avec lui tous les garçons de la maison ! Ou on n'a pas compris ma question ou c'est moi qui n'ai pas compris la réponse, toujours est-il que je n'ai pas su pourquoi. Mais bon, je prends comme ça vient et finalement je trouve sympa de discuter - et de voir les plus jeunes seulement écouter - pendant que tout le monde picore dans la même gamelle.
L'après-midi, chacun se repose dans son coin, certains devant la télé. Awa, l'une des soeurs, vient me rendre visite dans ma chambre; elle m'explique qu'elle a 25 ans, c'était son anniversaire hier, qu'elle travaille dans une école bilingue et qu'en mai elle s'est mariée avec Ndéné qu'elle aime beaucoup. Il y a eu une grande fête avec les deux familles et beaucoup de monde mais c'était un mariage religieux seulement, et avec un absent: le marié lui-même, immigré clandestin en Italie depuis 2004, qui attend d'être régularisé pour pouvoir revenir et que le mariage civile puisse avoir lieu. Je perçois nettement le mélange de la joie, la fierté et la tristesse dans son expression; elle ne me demande rien que d'être une oreille attentive, j'apprendrai plus tard que dans sa culture, on ne parle pas des choses qui chagrinnent.
Nous sortons faire quelques courses dans l'épicerie du coin (c'est elle en jupe claire)
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